Sport et incontinence urinaire à l’effort

 

Elle survient lors d’un fou rire, d’un éternuement ou au cours d’une séance de sport, la fuite urinaire à l’effort est très fréquente chez la femme. Alors ponctuellement rien de bien méchant, le soucis c’est lorsque ces fuites  deviennent chroniques.

Les muscles en cause dans ce phénomène sont les muscles du plancher pelvien autrement nommé périnée, il forme un large hamac depuis l’os pubien jusqu’à la base de la colonne vertébrale. Les muscles du périnée ont une mission de la plus haute importance : Ils aident à retenir la vessie, l’utérus et l’intestin à leurs emplacements respectifs (tout bien rangé)  et à contrôler les muscles qui permettent la fermeture de l’anus, du vagin et de l’urètre. Concrètement les fuites urinaires à l’effort surviennent lorsque les muscles du plancher pelvien affaiblis subissent une forte pression vers le bas et qu’ils ne parviennent pas à voir une action efficace sur le sphincter de l’urètre.

Si vous avez des enfants vous avez forcément entendu parler de votre périnée  parce que souvent c’est au cours de la grossesse que l’on en découvre l’existence. C’est que  lors  de cette période le poids du bébé exerce cette forte pression (dont je vous parle plus haut) sur le périnée  qui peut l’affaiblir. Conséquences : le gynécologue nous harcèle à propos de la rééducation périnéale après l’accouchement,nous faisant même parfois peur en n’hésitant pas à nous dresser la liste de ce qui pourrait nous arriver si par hasard nous n’étions pas assidue à cette rééducation (la fuite urinaire à l’effort étant le moins pire des scenarii) 😮

Mais voilà, contrairement à ce que l’on pourrait penser ce désagrément n’affecte pas seulement les femmes ayant eu des grossesses et les femmes ménopausées, certaines femmes jeunes, sans enfants et souvent sportives sont également concernées. Pourquoi ?  puisqu’elles sont jeunes et sportives, elles sont donc musclées ?! Et bien oui, mais pas du périnée ! 🙂 Plus sérieusement la pratique sportive intensive peut causer un affaiblissement du plancher pelvien. Je m’explique, ce n’est pas le sport qui est la cause du relâchement périnéal mais bien le fait de pratiquer de manière inadaptée, le critère d’intensité et de fréquence jouant également un rôle important. Pour comprendre cela, il suffit d’imaginer une jeune femme qui fait de la course à pied, du crossfit, ou encore du volley-ball de manière intensive et de penser aux impacts répétés des ses appuis sur le sol lors de la course, au poids poussés, tirés, soulevés et à toutes les fois où elle va  smasher pour marquer, pensez enfin au nombre de série d’abdos de type crunch qu’elle va effectuer dans le cadre de sa préparation physique, ces fameux  relevés de buste :

abdos-pourquoi-il-faut-absolument-arreter-les-crunchs

L’équation est simple, toutes ses activités exercent des pressions répétées dans le caisson abdominal, pressions exercées vers le bas, sur le périnée. Vous l’avez deviné l’activité physique devient dangereuse lorsqu’elle pratiquée en « méconnaissance de cause »… C’est à ce moment là que la gêne arrive.

Pour limiter ou prévenir l’ incontinence à l’effort  il est primordial de renforcer le périnée le plus tôt possible d’autant plus que ses muscles ne sont toujours pas aisés à sentir, il faut parfois du temps pour parvenir a isoler son périnée, si vous voulez faire le test voici un mini tuto : imaginez que vous essayez de retenir une envie pressante 😀 . Naturellement vous allez fermer et remonter vos orifices naturels, voilà votre périnée est à l’œuvre ! Facile ! Sauf que vous ne devez ni rentrer le ventre ni serrer les jambes ni contracter les fessiers ni retenir votre respiration, enfin vous ne devez pas non plus serrer vos abdominaux… bref seuls les muscles du périnée doivent travailler.

Alors je ne dis pas qu’il ne faut pas faire de sport, ni que toutes les femmes qui ont une activité physique intense ou qui ont eu des grossesses ont, ou auront des soucis d’incontinence à l’effort, mais que l’on peut faire en sorte de limiter ce risque en renforçant son périnée et en ayant conscience qu’il est important d’activer ses muscles lors des séances d’abdominaux, lors de sauts, lorsque que l’on manipule des charges, ce conseil est aussi valable pour les gestes de la vie quotidienne.

Les activités portés (natation, vélo) épargnent le périnée, c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles elles sont également indiquées au cours de la grossesse. Enfin le Pilates, le stretching, les gymnastiques posturale et hypopressive, le yoga et les activités de gainage en général sont particulièrement intéressantes. Elles insistent en effet sur le travail de la posture et des muscles profonds, ces disciplines qui renforcent les ceintures scapulaires abdominales devraient à mon sens faire l’objet d’un enseignement systématique dès l’enseignement secondaire et avoir leur place au sein des clubs en complément des entrainements.

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